L’UE enquête sur X à propos de contenus explicites générés par l’IA

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Les régulateurs de l’Union européenne ont ouvert une enquête formelle sur la plateforme de médias sociaux d’Elon Musk, X (anciennement Twitter), pour son incapacité à empêcher la diffusion à grande échelle d’images sexuellement explicites générées par son chatbot à intelligence artificielle, Grok. L’enquête intensifie un différend en cours entre l’UE et les États-Unis concernant la réglementation du contenu en ligne, Musk et ses partisans qualifiant les règles européennes de violations de la liberté d’expression et d’entrave aux entreprises américaines.

Abus générés par l’IA et pression réglementaire

À partir de fin décembre, X a connu une vague d’images explicites – certaines représentant des enfants – créées par Grok, suscitant les critiques des victimes et des organismes de réglementation du monde entier. L’UE allègue que X a violé la loi sur les services numériques (DSA) en n’atténuant pas de manière adéquate les « risques systémiques » associés à l’intégration du chatbot IA dans sa plateforme. Cette dernière enquête s’ajoute à l’examen minutieux existant : le mois dernier, X a été condamné à une amende de 120 millions d’euros (140 millions de dollars) pour violations de DSA liées à des pratiques de conception trompeuses, à la transparence publicitaire et au partage de données.

Efforts d’application plus larges de l’UE

Les actions de l’UE ne sont pas isolées. Une enquête distincte est déjà en cours pour évaluer l’algorithme de recommandation de X et son efficacité à freiner la propagation de contenus illégaux. Le DSA, adopté pour tenir les grandes plateformes en ligne responsables de la sécurité des utilisateurs, est désormais rigoureusement appliqué.

« Les deepfakes sexuels non consensuels de femmes et d’enfants constituent une forme violente et inacceptable de dégradation », a déclaré Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de l’UE chargée de superviser l’application des DSA. « Nous déterminerons si X a rempli ses obligations légales… ou s’il a traité les droits des citoyens européens comme un dommage collatéral. »

Pourquoi c’est important

Cette enquête ne concerne pas seulement X ; cela fait partie d’une tendance plus large. Les régulateurs du monde entier sont aux prises avec le développement rapide de l’IA et son potentiel d’utilisation abusive, notamment pour créer des contenus préjudiciables. La position proactive de l’UE dans le cadre du DSA témoigne d’une volonté de défier les géants technologiques basés aux États-Unis, créant ainsi un précédent en matière de surveillance numérique plus stricte. La question est maintenant de savoir si X se conformera ou continuera à repousser les limites de la modération du contenu.

L’application par l’UE du DSA démontre son engagement à protéger les citoyens contre les contenus en ligne préjudiciables. Les résultats de cette enquête pourraient remodeler la manière dont les plateformes de médias sociaux gèrent le matériel généré par l’IA, influençant potentiellement les normes mondiales en matière de sécurité numérique.